Environnement : les jeuniors sont-ils des modèles en termes de mode de vie et de transmission ?


Mon dernier billet évoquait la notion de jeunior. Une récente enquête de l’ADEME (l’Agence de la transition écologique, voir aussi « La retraite : pour vivre plus écologiquement en repensant ses habitudes ») réalisée par OpinionWay s’intéresse justement à la relation qu’entretiennent les jeuniors avec les défis écologiques.


Les jeuniors sont-ils au fait des sujets environnementaux ?


Pour les jeuniors, ici définis comme les personnes âgées de 55 à 75 ans, l’environnement est une problématique préoccupante. Mais pas autant que l’évolution de l’économie et que celle de la société qu’ils jugent plus complexe et moins civique. Plus à même que leur descendance pour repérer certains effets du changement climatique (disparition des saisons, épisodes extrêmes comme les tempêtes ou les inondations, bétonisation de l’environnement immédiat, pollution relative aux déchets de consommation), leur grande majorité n’établit pourtant aucun lien entre production de gaz à effet de serre et réchauffement climatique. Et, bien que 80 % d’entre eux reconnaissent le bien-fondé des discours scientifiques, ils n’en saisissent pas clairement les causes, ne projettent pas d’effets à long terme, car ils ont foi en la capacité humaine à trouver des solutions.


Quelles sont les pratiques des jeuniors concernant les enjeux environnementaux ?


Vente au détail, production de proximité, bouteilles consignées, produits non transformés, utilisation des plastiques quasi inexistante, etc. : en vertu des usages d’alors, leur enfance a été imprégnée de façons de consommer plus sobres. Avec et après les Trente Glorieuses, leur vie d’adulte s’est en revanche distinguée par des pratiques consuméristes exacerbées. Nul n’avait alors cure des questions environnementales !

Aujourd’hui, cette génération observe donc un retour à certains modes raisonnés de consommation de son enfance (consigne, emballage papier, locavorisme) qu’elle se sent prête à adopter de nouveau dès lors que ces modes ne remettent pas en cause le confort quotidien auquel elle a été habituée (voiture individuelle pour se déplacer, voyager). Ainsi, le concept de décroissance ne lui parle-t-il pas vraiment…

Plus que par conscience environnementale, c’est par réalisme économique (économies d’eau et d’énergie), par pragmatisme sanitaire (alimentation locale, produits frais, voire bio, marche à pied) ou à cause des incitations des pouvoirs publics (tri des déchets) que les jeuniors enclenchent des dynamiques écoresponsables.


Comment ces préoccupations et comportements circulent-ils au sein du cercle familial ?


Ce sont donc ces habitudes, issues non d’une éthique écologique, mais de leur bon sens civique, économique et sanitaire que les jeuniors perpétuent en toute logique auprès de leur descendance. Promenades dans la nature, cuisine de produits locaux de saison, jardinage, rénovation d’objets divers… sont pour eux autant de temps familiaux forts dans lesquels s’inscrit implicitement une pédagogie de lutte ordinaire contre le gaspillage de nourriture, d’électricité ou d’eau… C’est de cette façon que la majorité (85 % !) des personnes interviewées qui a au moins l’une de ses activités avec ses petits-enfants estime faire le job en matière de transmission de geste écologique. Mais aucune autre action n’est envisagée au-delà de ce seul cadre de démarches, somme toute, banales. En effet très peu (voire aucune !) offre par exemple des « cadeaux verts » à ses cadets ou regarde des films sur des sujets écologiques avec eux.

S’ils sont majoritairement convaincus d’avoir des attitudes vertueuses pour l’environnement, les jeuniors reconnaissent cependant avoir été éclairés en la matière par leurs enfants (53 %), plus que par leurs propres parents (30 %). Ce sont aussi leurs enfants et petits-enfants qui – au-delà des petits gestes souvent moins engageants auxquels ils sont habitués par souci civique ou économique – les ont alertés sur leur consommation excessive de viande, d’emballages plastiques, d’essence ou de diésel…


Et vous ? Comment communiquez-vous avec vos proches sur ces enjeux ?